Pourquoi je vais échouer au NaNoWriMo et autres réflexions (première partie)

Le NaNoWriMo, vous connaissez ? C’est l’acronyme de National Novel Writing Month ou mois national d’écriture de roman. Il s’agit d’un événement mis sur pied par des Américains dont l’objectif est, eh oui, d’écrire un roman de 50.000 mots au cours du mois de novembre. C’est plutôt hardos mais c’est faisable, apparemment. L’événement a eu tellement de succès qu’il s’est développé et est maintenant suivi dans le monde entier.
Cela fait déjà quelques années que je connais l’existence du NaNo et si ça ne m’intéressait pas au départ, parce que j’y voyais un excellent moyen de primer la quantité plutôt que la qualité (avec une énorme retravail à la clef), mon point de vue a évolué depuis que j’ai mis au point ma nouvelle méthode de travail.
Cette année, je me suis donc laissé tenter par l’expérience NaNo… que je ne pourrai pas mener à bien. Pourquoi ? Ce n’est pas un problème de paresse, de manques d’idées, de blocage… non. C’est un problème de temps. Tout simplement. Je n’ai pas suffisamment de temps pour écrire 1667 mots par jour, soit ce qui est demandé pour atteindre l’objectif au 30 novembre. C’est dommage, mais il est difficile de faire autrement quand votre entourage ne comprend pas toujours l’importance que revêt votre passion pour vous. Sans tenir compte de votre Vrai Travail (plaise au Ciel que vous en ayez un), il faut bien faire les courses, la cuisine, le ménage et toutes les autres corvées qui font partie intégrante de la vie en société. Ça n’a l’air de rien, mais mises l’une à la suite de l’autre, toutes ces tâches sont assez chronophages, sans parler du fait qu’elles ont tendance à briser votre élan quand vous êtes bien lancé(e) dans votre texte. Y revenir par la suite et redémarrer avec le même entrain peut poser quelques problèmes… Et soyons réalistes, rares sont ceux qui peuvent se permettre de laisser les autres gérer tout pendant qu’ils restent devant leur ordinateur plusieurs heures par jour durant un mois…
Je n’ai pas cette chance. Et ce constat m’a fait réfléchir de manière plus large à différentes incompréhensions que j’ai pu rencontrer jusqu’ici au sujet du métier d’écrivain.
À ceux qui n’écrivent pas, à ceux qui sont complètement en dehors de cet univers, laissez-moi vous proposer un aperçu de ces choses dont vous devriez tenir compte ou devriez éviter de dire à tout écrivain(e) (et plus particulièrement ceux qui ne vivent pas de leur production) afin d’éviter de passer pour quelqu’un d’insultant.

1) Vous l’aurez compris, écrire demande du temps ! Beaucoup de temps, plusieurs heures par jour au bas mot. Et comme se lancer dans le travail n’est pas toujours simple, qu’il faut parfois un petit moment pour se mettre dans le bon état d’esprit et se concentrer, évitez d’accabler votre écrivain(e) de tâches à accomplir. Reprendre le texte après une interruption, même courte, peut être assimilé à quelqu’un que l’on réveille pour lui demander l’heure. Se rendormir d’un coup ensuite est souvent impossible. Si vous croyez vraiment en lui/elle, réalisez l’importance que revêt cette passion à ses yeux, que tout ce que vous avez en tête ne passe pas forcément avant. La poubelle doit-elle vraiment être sortie dans l’instant ? Avez-vous vraiment besoin de lui/elle pour aller faire les courses ?

2) Ne dites pas à un écrivain qui aspire à devenir un professionnel que l’écriture n’est qu’un hobby. Cela revient à dire à un pâtissier que faire des gâteaux n’est qu’un hobby. Vous ignorez le nombre d’heures et l’habileté nécessaire pour créer un gâteau à partir de rien, n’est-ce pas ? Alors ne soyez pas trop prompt(e) à émettre un avis sur ce qu’est ou n’est pas l’écriture. À moins d’avoir essayé vous-même, reconnaissez que vous ignorez qu’écrire un livre est un travail de longue haleine qui comprend un certain nombre d’aspects à gérer. Si en lisant le produit fini vous trouvez l’histoire et les personnages accrocheurs, si vous ne butez sur aucune phrase, ce n’est pas parce qu’écrire est facile, c’est parce que l’écrivain a bien fait son travail en se cassant la tête pendant des heures, des jours, pour que son oeuvre soit aussi bonne que possible.

Et je m’arrêterai là pour aujourd’hui sinon ce billet risque de devenir un vrai pavé. À bientôt pour la suite !

 

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Posted on novembre 16, 2014, in Actualité and tagged , , , , . Bookmark the permalink. 6 commentaires.

  1. J’ai bien fait de prendre un peu d’avance au début du NaNo, parce qu’entre les jours de congé pédagogique, férié, de maladie (l’aîné et moi aussi d’ailleurs), de grève à l’école, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour me poser et écrire.
    Cela dit, je ne suis pas certaine de le terminer : je suis très fatiguée. Et malade. Donc bon… 😦

    Point 2 : yep.

    • Même si tu ne termines pas, tu as déjà été très constante jusque-là. Pour une première, je pense qu’on peut dire que c’est très honorable, surtout avec les difficultés que tu cites en plus 😉

  2. rho la la ! comme cet article résonne comme un écho en moi ! tout à fait et tout à fait d’accord en ce qui me concerne… même si j’arrive à trouver un peu de temps tous les jours pour écrire, je suis bien loin des 1667 mots par jour. Donc Nano, pas pour moi, impossible…

    • Je me console en me disant qu’au moins ça m’aura permis de prendre un bon départ dans l’écriture de mon nouveau projet ! C’est sûr que le NaNo peut avoir son utilité et que chacun le fait pour ses propres raisons, mais je pense que ce qui importe, au final, ce qui fait de quelqu’un un écrivain, c’est avant tout un travail constant et sur la durée (entre autres).

  3. Hum, moi c’est marrant, je trouve l’expérience Nanowrimo hyper stimulante, parce que ça me sort de ma routine d’écriture, et ça me force à tester plein d’autres choses, que je n’ai pas l’habitude d’essayer : écrire tard le soir, ou très tôt le matin, me lancer pour un quart d’heure de sprint, arrêter, faire autre chose, puis reprendre.

    • Ah mais comme je l’ai dit, le NaNo peut avoir son utilité, la preuve ! Simplement, ça se goupille mal avec mon quotidien. L’année prochaine, je tenterai d’aller m’isoler dans un igloo sur la banquise, j’aurai plus de chance de le mener à bien 😉

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